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Alexandre YANKOFF : Certains d'entre-nous perdent un frère d’armes, nous perdons tous un grand frère
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2 Novembre 2015 - Gérard Delalandre (Webmaster)
Alexandre YANKOFF : Certains d'entre-nous perdent un frère d’armes, nous perdons tous un grand frère

Participer aux Jeux Olympiques après seulement quelques mois de pratique intensive d'un sport n'est pas banal. C'est pourtant ce qui est advenu à Alexandre Yankoff.

Il a alors 25 ans et ne pratique sérieusement l'athlétisme que depuis peu de temps. Et, malgré une opération au ménisque en janvier 1956, il va se retrouver embarqué dans l'aventure olympique sur 400 haies en octobre à Melbourne.

Grand admirateur de Marcel Hansenne (médaille de bronze du 800m à Londres en 1948), de Jules Ladoumègue (une légende de l'athlétisme) et de Gaston Meyer (le "pape" de l'athlétisme à l'Équipe), il a toujours eu une attirance pour l'athlétisme, et c'est dans ce sport qu'il va s'épanouir.

Il va tour à tour s'essayer au saut en hauteur (1m75 en ciseaux), au 400m et au 110m haies, avant de trouver sa voie sur 400m haies et cela presque par hasard. Il explique :

"Un mois de mai à Paris, au cours d'une rencontre internationale, je devais participer au 110 m haies et au 400 m plat. Quand cette dernière épreuve se présente, nous sommes 7 pour 6 couloirs et les organisateurs décident de ne faire qu'une course. Le responsable de l'Équipe de France me demande alors de courir le 400 m haies. J'accepte, et le lendemain de ma victoire en série, je chute en finale à la dernière haie alors que j'étais en tête. C'est pour moi une révélation et je décide de me consacrer dorénavant à cette épreuve."

Quelques stages et de nombreux entrainements plus tard, voilà Alexandre Yankoff bien installé dans l'élite de la discipline. Ses performances le qualifient donc pour les J.O. de Melbourne où il termine 4ème de sa série. "Je n'ai pas eu de chance au tirage au sort en me retrouvant avec l'ancien recordman du Monde, le Russe Litujev et le Sud-Africain Potgieter, recordman du monde du 440 yards haies." regrette-t-il.

Il a bien sûr gardé de nombreux et beaux souvenirs de son périple australien qu'il aime à raconter. Par exemple : "Courant dès le 2ème jour, je n'ai pas participé à la cérémonie d'ouverture. Des tribunes, j'ai pris de nombreuses photos dont celle du drapeau olympique chutant après le bris de sa corde. Il y a très peu d'athlètes qui s'en sont aperçus."

Toujours sous les couleurs de l'AS Rhodanienne, il sera champion de France du 400 haies à Colombes en 1958, 5 fois finaliste en tout, 3 fois quatrième (à l'époque, seulement 6 finalistes).

Il continue donc sa carrière ailleurs, effectuant une petite traversée du désert à cause de blessures récurrentes. Il va d'abord à La Voulte (d'où il ne garde pas un très bon souvenir) pendant 2 ans. En 1960, il se fait opérer d'un deuxième ménisque et il doit cette fois renoncer aux J.O. de Rome. Il rejoint ensuite son ami Michel Macquet (ancien recordman de France du lancer de javelot et emblématique capitaine de l'équipe nationale) à Mantes la Jolie.

La saison suivante, il retrouve un autre ami, Michel Jazy (une légende du sport mondial) au CA Montreuil. Il retrouve en même temps ses jambes de vingt ans et la finale des championnats de France 1962. Mais c'est à l'ASU Lyon, qu'il intègre en 1963 qu'il va trouver le meilleur contexte pour s'exprimer : “J'aurais dû partir à l'ASUL tout de suite en quittant l'AS Rhodanienne." regrette-t-il aujourd'hui.

C'est là, dans un des meilleurs clubs français, qu'à 32 ans, il se qualifiera pour sa cinquième finale nationale et établira son record personnel en 52"6 (un véritable exploit au vu de ses 3 années de galère), avant de prendre sa retraite. C'est là aussi qu'il rencontrera et conseillera un jeune hurdler plein d'avenir, Jean-Jacques Behm, frère d'Alain, qui lui aussi participera à la fête Olympique, mais en 1964, à Tokyo.

Membre du Groupement des Internationaux Français, il aime à retrouver ceux qui l'ont accompagné tout au long de sa carrière. Très sensible aux qualités humaines, il a su établir des liens solides avec nombre d'entre eux. A 84 ans Alexandre Yankoff vit toujours à Condrieu, la ville qui l'a accueilli lorsqu'il avait 7 ans, à son arrivée de Serbie. Car ses parents sont originaires de l'ancienne Yougoslavie. Venus travailler la terre en 1930 à Nevers, ils avaient dû retourner au pays peu après la naissance de sa sœur cadette, leur contrat stipulant qu'ils ne devaient pas avoir d'enfants.

"Le lendemain de ma naissance, j'étais déjà placé en nourrice à 15 km de la ferme. Mes parents ne pouvaient venir me voir, à vélo, que les dimanches après-midi."

Alors, Alexandre et sa sœur seront confiés à leurs grands-parents. Ils vivront ainsi sept longues années dans leur village d'origine, sans revoir leurs parents revenus travailler en France, à Vernioz. Cette jeunesse chaotique l'a profondément marqué et en particulier les retrouvailles avec ses parents. C'est les larmes dans la voix qu'il raconte :

"Quand nous sommes revenus en France par le train, nous avons d'abord été accueillis à Lyon par la Société Protectrice des Jeunes Filles. C'était un jeudi soir. Ma sœur était logée dans une salle avec d'autres fillettes, et moi je passais mon temps, assis dans le couloir, en face de la porte d'entrée. Parce que je savais que c'était par là qu'ils allaient arriver, mes parents... Vendredi, personne ! Samedi, toujours rien ! Dimanche... Lundi… enfin, le lundi à 6h du soir… la voix de ma mère quand elle ouvre la porte… je l'entends encore aujourd'hui… Alors là, j'ai explosé."

L'hypersensibilité d'Alexandre est sans doute liée à ces événements traumatisants pour un enfant. Il déteste particulièrement l'injustice. Une en particulier a marqué sa carrière d'athlète, et il en parle encore avec une colère à peine contenue : "En 1958, après plus de 4 mois d'arrêt à cause d'une bronchite, j'ai su revenir à mon meilleur niveau pour conquérir le titre national. Pourtant je ne faisais pas partie du voyage aux championnats d'Europe en Suède." Apatride jusqu'en1953, il a choisi la nationalité française à sa majorité, et on ne peut que se féliciter d'avoir compté dans les rangs tricolores un athlète et un homme qui a toujours défendu ses couleurs sans tricher.

Christian Barnaud

Rhodia Club Omnisports
102 route nationale 7 - B.P. 344 -

38555 SALAISE SUR SANNE CEDEX


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